Les opérateurs sont unanimes pour améliorer le cadre bâti. De concert avec les autorités de tutelle, ils ont promis d’éradiquer les bidonvilles et de lutter contre l’habitat insalubre, en produisant une moyenne de 140.000 logements par an, sachant que le gap dépasse toujours le million de logements.
l y a cinq ou six ans, au début du programme de production de logements économiques, ou HBM pour Habitats bon marché, les logements, destinés aux ménages à revenus modestes, étaient autour de 120.000 dirhams. Mohamed M’Barki, ex-ministre de l’Habitat, tablait même, à l’Office des foires de Casablanca, sur une offre à 120.000 dirhams, voire 80.000 dirhams par la suite! Qu’est-ce qui explique aujourd’hui la flambée des prix, dopée par le «noir», exigé par nombre de maîtres d’ouvrages? Seule l’inflation, plutôt bien maîtrisée du reste, saurait expliquer la surenchère actuelle. C’est d’autant plus juste que l’Etat a mis en route tout un train de mesures, notamment en matière d’incitations fiscales, pour soutenir les professionnels des BTP.
Compte tenu du fait que l’offre ne fléchit pas en raison d’un besoin important, l’explication se trouverait-elle dans le coût de production ?
Si tel est le cas, une utilisation plus importante des matériaux de construction locaux permettrait de les réduire. Les moyens ne manquent pas. Dans le cadre de l’accord d’association avec l’Union européenne (UE), des centres techniques industriels, capables d’accompagner un certain nombre de secteurs à plus de compétitivité, sont mis en place.
Ce projet d’envergure bénéficie depuis son démarrage d’un budget d’investissement de plus de 500 millions de dirhams. Le Maroc devant apporter, entre autres, le foncier, la construction des bâtiments et leur aménagement, l’affectation du personnel, tandis que l’UE, à travers le programme MEDA, s’est engagée à l’achat des équipements, à l’assistance technique, à la formation, aux voyages d’études, à l’appui de démarrage… C’est un modèle de coopération salué par nombre de professionnels.
Parmi ces CTI, le Centre des techniques et matériaux de construction (CETEMCO), créé en 1996, dont l’objectif est d’améliorer la qualité et la compétitivité du secteur de la construction, paraît le mieux indiqué pour soutenir l’immobilier. Ce centre, doté de moyens humains et techniques, n’est-il pas assez consulté ? Très prochainement, les promoteurs et professionnels du secteur nous éclaireront certainement sur la question. En tout cas, selon les responsables, le CETEMCO permet non seulement d’améliorer la qualité du cadre bâti, mais aussi la compétitivité des principaux intervenants dans le secteur de la construction, des fabricants de produits et des entreprises de mise en Å“uvre dans les branches du ciment, du béton prêt à l’emploi, du “rond à béton”, des produits industriels en béton, des sables et granulats, de la céramique (carreaux, sanitaire), des briques et tuiles en terre cuite et de la pierre naturelle (granite, marbre).
Il propose à la fois les essais et analyses de laboratoires, le conseil, la recherche et l’expertise, le suivi des chantiers de construction, mais aussi et surtout la normalisation, la certification et la représentativité technique, la formation, le perfectionnement et la veille technologique. Grâce à ses laboratoires, installés sur une superficie de 1.000 m2 et équipés d’une infrastructure moderne et performante (investissement de plus de 20 MDH), financée en majeure partie par l’UE et son personnel hautement qualifié, le centre est à même de mener les professionnels qui le désirent sur l’utilisation de matériaux locaux suivant les standards internationaux.















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