Qui aurait cru que l’immobilier à Fès atteindrait des sommets aussi vertigineux. Ces derniers temps, les prix des terrains et immeubles ont grimpé en flèche. A Zouagha, El Merja et Bensouda, des quartiers périphériques, les lots qui étaient proposés à 3.000 DH/m2 frôlent actuellement les 10.000 DH. Le centre-ville n’a pas échappé, lui non plus, à cette hausse.
Ainsi, au quartier Allal Benabdellah, les quelques dizaines de terrains encore disponibles sont proposés à 50.000 DH/m2. Ici la hausse peut être justifiée par l’opération d’amélioration du cadre urbain menée par la commune. Pour ce qui est des terrains de villas, le prix moyen au m2 est passé de 1.000 DH en 2002 à 7.000 DH à fin 2007, soit une augmentation de 700%. Pour les zones immeubles R+6, les chiffres sont passés de 5.000 DH en 2002 à plus de 30.000 DH aujourd’hui.
Pour les R+2 et R+3, les prix ont augmenté de 2.000 DH à 6.000 DH pour la même période. Avec, bien évidemment, des variations selon l’emplacement, le quartier et autres caractéristiques urbanistiques. Soulignons au passage que les appartements de 200 m2 de l’avenue Allal Benabdellah, qui coûtaient, il y a trois ans, 1 million de DH (5.000 DH/m2) sont proposés actuellement à 2,4 millions de DH. En clair, le marché immobilier est en forte croissance.
En témoignent, les statistiques du centre régional d’investissement et qui font état d’un investissement global en BTP de plus d’un milliard de DH lors de 2007. Tout le monde constate que les terrains s’épuisent, les prix flambent et la ville s’agrandit. L’un des plus grands chantiers de 2008 est celui du réaménagement d’une nouvelle avenue baptisée Mohammed VI.
Celle-ci se fera sur un linéaire de 5 km à partir du rond-point Ennakhil, c’est-à -dire à l’entrée de la ville via l’autoroute, et jusqu’à l’échangeur menant vers la route d’Imouzzer et le quartier Bensouda. D’emblée, la future avenue Mohammed VI profitera de gros projets d’infrastructure et d’habitat tel le nouveau pôle Saïss qui sera réalisé par l’Erac Centre-Nord sur une superficie de 147 ha et les lotissements El-Karaouiyyine et Ennakhil. «Vu la forte demande constatée actuellement sur les terrains, il serait profitable d’occuper, dès maintenant, les espaces encore libres au niveau des avenues sur lesquelles la ville met le paquet», confie un promoteur immobilier.
Soulignons au passage que le déficit actuel de logements est estimé à 50.000 unités, et ce, en dépit de la croissance constatée des autorisations de construire (par exemple, 24 projets en 2003 contre 63 en 2005, 1.286 projets d’habitat économique en 2003 contre 1.919 en 2005…). Donc, une grande dynamique est prévue pour l’avenue Mohammed VI qui peut encore accueillir plusieurs centaines d’immeubles sur plus de 5 km de longueur.
S’agissant de la mobilisation du foncier public, à titre d’exemple, l’opération Dalila, réalisée par Al Omrane, a permis l’aménagement d’une aire de 42 ha.
Ce terrain met à la disposition des promoteurs privés 25 îlots dont la superficie varie entre 5.000 et 15.000 m². L’ensemble de ces îlots a été attribué, dans le cadre d’appels à la manifestation d’intérêts à 9 promoteurs. La valorisation de ce programme a été lancée par le groupe Addoha par la mise en chantier d’une première tranche comprenant 500 logements. La société Amlak a également lancé les travaux de construction de 522 logements. A l’autre bout de la ville, à côté de l’Académie Henri Leconte, un autre chantier est annoncé. Baptisé «Saïss Garden à Fès», celui-ci est un projet immobilier de villas économiques sur un terrain de plus de 13 ha.
Le projet est idéalement situé puisqu’il se trouve à 3 km du centre-ville et à proximité de grandes infrastructures commerciales, de transports et de loisirs. Initié par Century 21 Maroc, ce projet comprend 336 villas sur 2 niveaux (R+1) dont la surface est de 130 m2 plancher et en moyenne 200 m2 de terrain, des immeubles sur 3 niveaux (R+2), des immeubles sur 4 niveaux (R+3) et un espace jeux d’enfants de 3.950 m2. Le projet dont l’investissement global a été estimé à plus de 376 millions de DH devrait permettre la création de 200 emplois nécessaires pour sa réalisation et de 500 emplois permanents.
Enfin, pour faire face à la demande, la ville prépare un nouveau plan d’aménagement dont l’appel d’offres vient tout juste d’être lancé. Selon l’Agence urbaine et de sauvegarde de Fès, la superficie totale des zones ouvertes à l’urbanisation s’élève à 1.240 hectares.
Youness SAAD ALAMI















Laissez un commentaire