Rabat:
Urbanisation rime-t-elle avec la promotion rurale ?
Personne n’a jamais cru que le boom immobilier qu’ont connu les villes de Temara et Skhirat après l’ouverture des zones rurales de ces deux villes à l’urbanisation aurait des répercutions sociales et économiques sur une autre zone rurale située à Tiflet.
Cela fait maintenant plus d’un an qu’Ahmed et ses deux copains se déplacent, presque chaque week-end, de Rabat vers une région située à 18 km de Tiflet à la recherche d’un terrain pour construire leurs logements secondaire. Ils ne sont pas les seuls, des centaines de personnes partagent ce rêve.
L’énorme engouement pour cette région est dû à plusieurs facteurs : Rabat n’est qu’à 75 km des villages de Sidi Abderrazak, Mqam Tolba et Sidi Omar, Là -bas, le climat est magnifique.
L’eau de la nappe, qui se trouve presque à la surface, est abondante et d’une très bonne qualité. Quant à l’hospitalité et la gentillesse des habitants, elle est inégalée. Si l’objectif de nos trois amis Rbatis de trouver un terrain reste irréalisable pour le moment, c’est surtout à cause de la cherté des prix, constatée ces deux dernières années.
Selon certains habitants de la région, que nous avons contactés, l’arrivé massive des agriculteurs de Témara et Skhirat attirés par la bonne qualité des terres agricoles, ainsi que la frénésie pour les maisons de campagne, sont à l’origine de ces hausses des prix. Actuellement, le prix d’un hectare varie entre 200.000 et 300.000, voire 450.000 DH… Tout est fonction de la proximité de la route, de l’accessibilité des terrains, ainsi que de l’abondance des eaux. Il y a trois ans, le prix du même terrain ne dépassait pas 10.000 DH.
Le dynamisme que connaît la région de Tiflet a eu des répercutions positives et directes sur la vie des habitants sur les plans social et économique.
Dans ce cadre, les habitants sont tous unanimes et confirment que l’arrivée de nouveaux acheteurs - les «Barranis» comme ils préfèrent surnommer les nouveaux venus -, a fait sortir la région de son marasme économique. C’est ainsi que de nouvelles techniques agricoles ont été introduites et de nouveaux produits cultivés. A présent, une grande partie des terrains est équipée en système moderne de pompage et d’irrigation et la culture du blé et des produits «bour» à cédé la place au melon, pastèque et à d’autres arbres fruitiers, sans oublier les importants projets d’élevage et d’aviculture qui se sont beaucoup développés.
La coopérative laitière de la région fonctionne à plein régime et livre une importante quantité de produits laitiers aux unités avoisinantes.
Qu’en sera-t-il de l’environnement ?
Si les initiateurs de ces projets ont mobilisé d’importants investissements et créé de nombreux postes d’emploi, ils sont actuellement confrontés à un manque de main-d’œuvre qualifiée. Pour ce faire, plusieurs d’entre eux souhaitent l’ouverture d’un centre de formation professionnelle ou de qualification agricole qui permettrait d’avoir les ressources humaines nécessaires au développement de ces projets agricoles.
Khalid Talbaoui, agriculteur, exulte : «Nous n’oublierons jamais que nos nouveaux voisins nous ont beaucoup aidé par leurs projets et ils nous ont donné l’occasion d’avoir un emploi stable ; maintenant grâce à ce travail, j’ai pu construire un logement décent».
Cette forte demande sur ces terrains a même poussé certains jeunes de la région à se lancer dans des activités de transactions immobilières.
En dépit des efforts consentis par ses derniers, pour s’acquitter aux mieux de leurs tâches, la restructuration et l’ organisation de fond en comble de cette activité reste impérative.
Les défenseurs de cet avis sont motivés par le grand nombre d’opérations de vente qui finissent souvent par atterrir devant le tribunal de la région, à cause de certains vendeurs de mauvaise foi. D’où la nécessité de s’assurer de la situation juridique et foncière du bien objet de la transaction auprès de la conservation foncière de la ville de Khémisset avant la conclusion de toute opération. «Concernant les terrains non immatriculés, la consultation d’un Adoul s’avère souvent d’une grande utilité», confirme un juriste.
Si la région a pu garder jusqu’à présent une certaine virginité environnementale, les habitants de la région se demandent si la situation ne risque pas de se dégrader à cause de l’exploitation irrationnelle de la nappe phréatique et du grand nombre de puits creusés et des sondes réalisées, ce qui constitue une réelle menace pour le patrimoine hydrique dans la région.
A cet effet, le contrôle et le suivi de la situation de près par les instances compétentes revêt une importance primordiale. L’objectif étant d’assurer une gestion rationnelle de l’eau. Le problème des eaux usées ainsi que le manque d’infrastructures risquent aussi d’aggraver d’avantage la situation et les conséquences peuvent être fâcheuses sur l’environnement.
L’utilisation massive des insecticides et des pesticides est aussi critiquée en raison de ses répercutions négatives sur la santé et l’écosystème dans la région.
Pour l’histoire, l’introduction de ces produits est tout à fait récente, et les agriculteurs croient faussement que l’utilisation excessive de ces produits rime avec une bonne productivité. D’autant plus qu’ils ignorent les dégâts que ces produits peuvent causer et les dangers de leur utilisation abusive.
Pour remédier à cette situation, Bouazza Melchaoui, agriculteur de la région, propose que des campagnes de sensibilisation et des cycles de formation soient organisées en faveur des agriculteurs de la région. Ces mesures s’avèrent d’une grande importance, dans la mesure où les productions maraîchères alimentent les marchés avoisinants. Si d’importants projets socio-économiques ont vu le jour dans cette région, tels que l’ouverture d’un dispensaire, de quatre écoles, d’un collège ou encore d’un internat pour les collégiens, la prise de certaines mesures d’accompagnement demeure impérative.
Parmi ses mesures figurent la résolution du problème du transport des jeunes élèves, garçons et filles, vers leurs écoles. Surtout lorsqu’il fait chaud ou quant il pleut. L’ouverture des cantines scolaires reste un autre atout pour une scolarité normale. «Ces deux mesures permettraient entre autres, et à coup sûr, de mettre fin au phénomène de l’abandon scolaire véritable fléau dans cette région et qui touchent plus particulièrement les filles», conclut un père de famille qui a été obligé d’interrompre la scolarité de sa fille par peur pour sa sécurité lorsqu’elle se rend à l’école.
Mohammed Sikouk / Al Bayane















Personnelement je n’ai rien contre l’expension et la prolifgération des habitations en beton, quand celà n’influe pas négativement sur les superficie qui doivent normalement etre octroyées aux espaces verts, prenons exemples sur certaines grandes métropoles, et donnant aux espaces verts leur réelle importance…..bien que celà paraisse comme un discours rébérbatif, je persiste à dire que tous les publics se mettent le doit dans l’oeuil en laissant de coté ce type de vision écologique…vous en pensez quoi les copains*?