Sortant de son obligation de réserve, l’ancien Premier ministre Driss Jettou a invité la presse nationale pour s’expliquer sur la gestion du patrimoine foncier de l’Etat et les avantages offerts aux grands promoteurs immobiliers, à la suite des révélations faites par Miloud Chaâbi.
C’est un Driss Jettou détendu et autant accueillant que du temps où il fut Premier ministre que les journalistes conviés à la réunion d’explication ont retrouvé, après son départ de la Primature, il y a 9 mois.
L’initiative est présentée comme «personnelle», après que ce dossier a atteint la place publique. «Personne ne m’a demandé d’intervenir. En toute âme et conscience, j’ai jugé utile de m’exprimer sur cette question très importante pour le pays».
Sur l’essentiel du «conflit», il évitera d’«aller dans les détails ou de personnaliser», préférant expliquer la conjoncture qui a dicté la mise de grandes quantités du foncier de l’Etat à la disposition des investisseurs, marocains et étrangers, dans les domaines de l’habitat, du tourisme et de l’industrie. Réagissant implicitement aux critiques adressées par Miloud Chaâbi qui dénonce «un système inégalitaire et un traitement inéquitable», l’ancien Premier ministre est catégorique. «Tous les grands promoteurs nationaux ont joui des mêmes avantages.
Il n’y a pas eu de dessous de table. Certes, d’aucuns ont tapé à telle ou telle porte. Mais le traitement des dossiers a obéi au même circuit légal, sur la base de la Charte d’investissement. Les avenants des accords ont suivi le même circuit, de manière transparente», a-t-il affirmé.
Les prix étaient «ceux pratiqués dans les mêmes zones et régions, à l’époque.
Nous avons démarré à 50 DH le mètre carré (terrain occupé), la prise en charge des expulsés revenant à l’acquéreur. Nous sommes arrivés à 100 DH (avec occupation).
Il s’agit de choix assumés par le gouvernement et moi-moi. J’assume tout ce qui a été fait», a-t-il dit en substance, avant de préciser que «l’Etat se serait privé de moyens d’incitation à la réalisation des programmes lancés en 2003 et 2004. Ces mêmes programmes arrivent à maturité aujourd’hui, au grand profit du pays».
«Il fallait libérer les énergies et laisser les gens travailler. Il y avait de la place pour tout le monde, sans exception. Citez-moi une seule personne qui a présenté un projet sérieux qui n’a pas été agréé», lança-t-il à l’adresse des journalistes qui voulaient qu’il passe au détail des critiques formulées par Miloud Chaâbi.
Mais Driss Jettou ne voulait pas «personnaliser» le débat. Très peu cités, Miloud Chaâbi et Anas Sefrioui sont présentés, chacun à part, comme «deux amis qu’il avait souvent rencontrés, deux professionnels qui connaissent parfaitement leur métier et qui ont fait beaucoup pour le Maroc». Ils ont «contribué à la résorption du déficit en logements. Il fallait, à l’époque, passer de 40.000 à 100.000 logements par an pour baisser le déficit global de 1,2 million d’habitations à un million dans la perspective de le réduire, à l’horizon 2012, à 6-700.000 logements».
Il rappellera aussi «la capacité hôtelière handicapante, en liaison avec le Plan Azur. Tous les dossiers sur Marrakech étaient pris pour respecter le programme des 80 000 lits(Azur)».
S’agissant du choix des terrains et de la circulation de l’information, qui pourrait être sélective, il a affirmé que tous «les grands promoteurs immobiliers nationaux savent minutieusement la topographie du patrimoine foncier et disposent d’une réserve foncière importante, achetée au privé».
Il expliquera que le CRI régional traitait les investissements inférieurs à 200 millions DH et que la commission nationale des investissements s’occupait des investissements plus lourds.
L’ancien Premier ministre a rappelé «la réunion du 6 décembre 2006» avec 18 grands promoteurs nationaux durant laquelle il a «demandé à chacun combien son groupe pouvait produire de sites» (habitat, tourisme, etc.), en «leur montrant les terrains disponibles» et en insistant sur la «capacité d’honorer les engagements».
Driss Jettou a également développé la politique foncière, sur le volet industriel et touristique (Saïdia, Luxus, Essaouira, Taghazout…), pour dire que pour les «7 étoiles», l’Etat en était demandeur et leur cédait à des prix «vraiment symboliques».
La question du zoo de Rabat a été largement développée par l’orateur qui estime que «le projet a connu plusieurs échecs, suite à des appels d’offre infructueux» et qu’«aucun gouvernement au monde n’applique que des appels d’offre, le gré-à -gré étant assez courant», tout en rappelant que «le prix de 800 DH le mètre carré était celui pratiqué dans la région, à l’époque».
Mohamed Khalil















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