Le marché de l’immobilier au Maroc serait-il en crise ? Non, à en croire certains experts cités par le journal français «Les Echos». Les professionnels du secteur, eux, sont partagés sur la question. Certains d’entre eux croient mordicus que la turbulence actuelle que connaît le marché n’est qu’une simple tendance passagère. Pour eux le secteur reste fortement prometteur. Et de citer les chiffres enregistrés par les cimenteries et la vente des matériaux de construction ainsi que les 100 milliards de dirhams de crédits accordés l’année dernière pour des projets immobiliers.
Plus pessimistes, d’autres opérateurs du secteur se montrent inquiets du fait de la baisse du rythme des transactions durant le premier semestre de 2008.
Alors, y a-t-il crise ou pas dans le secteur de l’immobilier ? Et si oui, passagère est-elle ou durable ? C’est à ces questions que nous avons tenté de répondre en interrogeant un certain nombres d’intervenants dans ce secteur, l’un des grands chantiers de développement au Maroc.
Avancer que le secteur de l’immobilier n’est pas au mieux de sa forme du fait de la flambée des prix et de la non-concordance entre l’offre et la demande est néanmoins un constat que partagent presque tous les intervenants du secteur.
A Casablanca, Marrakech, Agadir ou Tanger, pour ne citer que ces villes là , les prix du foncier et de l’immobilier ont atteint des sommets jamais égalés et dépassé toutes les prévisions. Aussi la discordance entre l’offre et la demande, toutes deux très fortes, intimide même les classes sociales les plus aisées pour lesquelles l’acquisition d’un bien immobilier, dans une ville comme Casablanca, où le mètre carré du moyen standing dans certains quartiers se négocie entre 15.000 et 20.000 dirhams, n’est plus possible.
Les promoteurs immobiliers, eux, restent optimistes et affirment que la demande est encore très forte. Et à ce titre, nous déclare Said Sekkat, le secrétaire général de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers, pour lequel «le risque de surchauffe est inhérent au développement fulgurant de l’immobilier ces dernières années. Cette tendance est passagère, dans la mesure où la demande est encore très forte. Il s’agit probablement d’un réajustement des prix dû à un rééquilibrage entre l’offre et la demande.
Un promoteur immobilier explique que la tendance actuelle s’explique par l’allongement des délais pour la délivrance des permis de construire. Pour preuve, il confirmera les chiffres que nous avons pu obtenir, à savoir le nombre de permis de construire qui est passé de 48.000 logements en 2003 à 26.000 en 2007.
Pour un notaire de la place, la réponse ne souffre d’aucune équivoque : le marché connaît un très net ralentissement.
Les banquiers, eux, privilégient une autre explication à l’actuel ralentissement que traverse le secteur. Pour eux, ce serait l’allongement des délais d’écoulement des biens immobiliers qui serait à l’origine de la paralysie du marché du logement. Ces délais seraient passés en une année d’un mois à plus de quatre mois.
Un expert interrogé sur ce ralentissement, lui, a tenu des propos plus nuancés, affirmant qu’il n’y pas de crise au sens de ralentissement. Il serait plus juste de parler d’ajustement entre l’offre et la demande, précise-t-il. Et d’ajouter que s’il y a allongement des délais d’écoulement des biens immobiliers, c’est tout simplement parce que le produit n’est pas adapté à la demande.
Pour cet expert, la demande reste forte, particulièrement pour l’habitat social. On ne peut pas dès lors parler de crise. On n’y est pas encore. Elle serait peut être à venir plus tard, du fait de la forte croissance que connaît le secteur.
Bulle immobilière ? On ne sera fixé de manière certaine sur son existence - c’est le propre d’une bulle immobilière -, qu’a posteriori, après son éclatement.
Jamal Hafsi















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