sept 08
15
10:57

Parmi les multiples offres, la colocation tient la corde…

Casablanca accueille chaque début d’année un nombre important d’étudiants souhaitant poursuivre leurs études supérieures au sein des différentes écoles, instituts et facultés. Qu’ils soient privés ou publics, les établissements de l’enseignement supérieur reçoivent des jeunes des multiples provinces.

Du Sud marocain du Nord ou encore du centre, ces étudiants visent à acquérir un diplôme et peut-être mener une carrière professionnelle ou effectuer des stages dans la métropole. Mais il n’est pas du tout aisé de trouver un logement dans la capitale économique. Les offres se font de plus en plus rares et les étudiants trouvent des difficultés pour louer une chambre, un petit appartement ou une habitation. La carence que connaissent les cités universitaires et l’absence d’investissement privé dans le domaine du logement universitaire poussent l’étudiant à s’adresser à des courtiers qui usent de leurs talents de bons chercheurs pour trouver dans les plus brefs délais ce qui convient aux clients.

Rachid, un bachelier en sciences expérimentales qui vient d’El Jadida pour terminer ses études en biologie et biochimie, raconte comment il a dû parcourir tout le centre Casablanca pour enfin trouver ce qu’il voulait. «Après une grande galère, j’ai décidé de louer au Bd 2 Mars. Le smsare «courtier» a réussi à assembler cinq autres étudiants, avec qui je vais partager la location d’une petite villa». Pour ce jeune étudiant, l’important était d’obtenir une habitation près de son institut pour économiser les dépenses du transport. Chose que Lamyae n’a pas pu réaliser.
«Je loue une chambre avec une famille, au prix de 1.000 DH, je dois prendre quotidiennement le bus pour aller à mon école, sachant que je fais un institut privé, c’est-à-dire que je paye mes études», affirme-t-elle. Cette jeune Mellalie se plaint particulièrement des prix flambants de l’immobilier à Casablanca. Elle argumente : «Nul cadre ne cerne le coût de location d’une pièce ou d’un appartement. On est livré à la merci du propriétaire.

Durant les deux ans que je suis à Casablanca, il fallait à chaque fois mener d’interminables négociations pour convaincre le possesseur des lieux, de la somme mensuelle que je peux donner».

Cependant, d’autres personnes, des pères de famille qui débarquent avec leurs enfants, se soucient moins de l’argent. «L’essentiel, c’est que notre fils soit bien logé, en de bonnes conditions et dans un quartier sécurisé», insiste ce couple méknassi. «Il est vrai que le «semsare» a profité de cette volonté pour demander une commission élevée. Mais on n’a pas le choix». Généralement, la plupart de ceux qui viennent étudier à Casablanca arrivent à cette même conclusion. Les étudiants et leurs parents sont tellement fatigués par les nombreuses actions de recherches qu’ils préfèrent accepter la première offre. « En fin de compte, je dois me concentrer sur mes cours je ne suis là que pour mes 3 ans d’études. Je rentre à la maison chaque week-end», souligne Racha, une étudiante en journalisme et communication.

Il s’avère que le secteur de location d’appartements et des maisons dans la métropole est marqué par une grande anarchie.
Les cités universitaires ne répandent plus aux besoins des étudiants. Déboussolé et tant occupé par toutes les procédures d’inscriptions, l’étudiant se retrouve proie aux multiples manipulations du courtier. «Faux, dit Abdel Malik, propriétaire d’une agence immobilière, notre fonction se limite à la médiation. Nous sommes des intermédiaires entre le client et le propriétaire des locaux», explique-t-il.

Il est à signaler que la cité universitaire est réservée, dans la limite des places disponibles, aux étudiants inscrits dans les établissements de l’université. L’accès à la cité universitaire se fait par voie d’études des dossiers de demandes d’inscription dont le retrait par les étudiants est opéré durant une période fixée par l’administration de la cité. Seuls les étudiants n’exerçant aucune profession, et dont le dossier de candidature a été retenu, y ont accès.

* Journaliste stagiaire…

Casablanca, ville estudiantine

Casablanca compte deux universités qui, à elles seules, totalisent l’un des plus grands effectifs du pays, près de 48.000. Rabat, aussi, compte 43.000 étudiants. Ces deux pôles attirent les étudiants de tout le Maroc, mais la diversité de l’offre en formation, notamment dans le secteur privé, rend les universités des deux villes moins saturées que celles de Marrakech et Fès. En termes de densité, le plus grand campus n’est ni à Rabat, ni à Casablanca… mais à Marrakech. L’université Cadi Ayyad compte, en effet, plus de 41.000 étudiants. Vient ensuite l’université Sidi Mohammed Ben Abdallah à Fès avec plus de 40.000 étudiants.

Agadir et Oujda occupent les 3e et 4e rangs avec respectivement 27.000 étudiants à l’université Ibnou Zohr et 26.000 à Mohammed Premier. L’offre en enseignement supérieur privé est encore faible au Maroc. Si l’on exclut les pôles Casablanca et ses 47 établissements et Rabat avec ses 21 écoles, il n’en reste que 42 dans tout le pays. Le privé compte plus de 21.000 étudiants. Environ 5.800 s’inscrivent chaque année, et plus de 3.500 obtiennent leur diplôme. A noter que le privé connaît une affluence grandissante avec cette année une augmentation de 12% de l’effectif.

Par Sanae taleb | LE MATIN

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